septembre | 2014 |

Après une petite semaine passée à UB, entre recherche de compagnons de voyage, visite de la ville et petit rhume à soigner, il était temps de partir découvrir la vraie Mongolie, celle des steppes, des montagnes, des lacs, des chevaux, des yaks, chameaux et autres moutons.

Grâce à Meg et son agence, je prenais place dans un van soviétique en compagnie de Jack et Claire, deux australiens, Graeme, un écossais à l’accent sentant bon les highlands sur les routes depuis deux ans, et Stefan, un autrichien peu loquace mais très sympathique. Nous étions accompagnés par notre chauffeur Mishgee, silencieux, souriant et attentionné, et Uyanga, une jeune guide parlant un anglais parfait et cuisinant à merveille.

Au programme de ce road trip, 9 jours sur les pistes chaotiques de la Mongolie centrale et septentrionale pour voir le monastère d’Erdene Zuu près de Kharkhorin, le lac de Tsagaan Nuur avant de finir au bord du lac Khövsgöl, appelé « La Perle Bleue ». Ce lac est le petit frère du lac Baikal, situé de l’autre côté de la frontière russe. 262 mètres de fond et 380 kilomètres cube d’une eau glacée et incroyablement pure.
Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous raconter toutes nos péripéties, mais je vous livre un poème que ce voyage m’a inspiré, ainsi que deux vidéos. Ce n’est pas vraiment un exercice auquel je suis habitué, j’espère que ça vous plaira…

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La Perle Bleue

Beauté immaculée de la steppe mongole,
Le bleu azur du ciel dans tes eaux se reflète
Lors des calmes matins ou les jours de tempête ;
Le temps est capricieux autour du Lac Khovsgol.

Il en aura fallu des heures de voyage
Par delà les rivières et les vertes vallées,
Des pistes chaotiques aux chemins torturés,
Pour enfin mériter un si beau paysage !

Immensité sacrée ! Tes bienfaits tu procures
Aux éleveurs de rennes et à leurs troupeaux
Qui trouvent auprès de toi un semblant de repos
Avant d’affronter les rigueurs de la Nature.

Tes profondeurs glacées n’ont d’égal que le rire
Et la chaleur du coeur de ces fiers cavaliers
Qui savent mieux que tous ce qu’accueillir veut dire
Dans ce pays sauvage et inhospitalier.

On te dit Perle Bleue, ce nom tu le mérites,
Car si autour de toi, et ce n’est pas pour rien,
Les montagnes se dressent comme des mégalithes,
C’est pour former ainsi un merveilleux écrin.

Tour au nord de la Mongolie – Première partie from Dans les pas de Nicolas on Vimeo.

Tour au nord de la Mongolie – Seconde partie from Dans les pas de Nicolas on Vimeo.

Plus de photos dans l’album suivant :

4. Mongolie - Ulan Bator
4. Mongolie - Ulan Batorjuin 30, 2014Photos: 12
 
 

Après avoir fait mes adieux à Amélie et Mehdi je passais quelques heures à l’aéroport de Dempasar où je profitais du WiFi performant pour mettre en ligne quelques vidéos et tenter désespérément de prendre contact avec des hôtes de Couchsurfing à Oulan Bator. N’ayant pas eu de réponse de la part de ceux que j’avais contactés auparavant, je tentais ma chance auprès de Meg, une jeune guide touristique. Cette fois la chance fut au rendez-vous, elle me répondit dans la foulée et me donnait l’adresse de son bureau en plein coeur de la capitale. C’est donc l’esprit léger que je m’apprêtait à embarquer dans mon avion à destination de Singapour.

Au passage du bureau de l’émigration, j’ai eu la mauvaise surprise d’apprendre que le visa était dépassé d’un jour et qu’il me fallait payer une amende. Pour ceux d’entre vous qui me lisent, sachez que même si vous arrivez dans un pays à 23h50, les dix dernières minutes du jour sont comptabilisées comme un jour entier aux yeux de l’immigration. Je quittais donc Bali un peu contrarié, et je retrouvais avec plaisir l’aéroport de Singapour avant de passer la nuit dans un avion pour Pékin. Au petit matin, après avoir traversé le terminal sans fin de l’aéroport international de Pékin, je prenais enfin place dans l’avion qui devait me conduire en Mongolie.


Le dépaysement fut total. Dépaysement météorologique tout d’abord. Ayant quitté l’Indonésie et sa trentaine de degrés humides, j’avais perdu une quinzaine de degrés et voilà qu’il pleuvait. De plus, je fus surpris par la taille de l’aéroport international d’Oulan Bator, à peine plus grand que celui de Castres ou de Rodez. A notre arrivée il n’était fréquenté que par des chauffeurs de taxi qui attendaient les passagers de notre avion, le prochain vol n’étant pas prévu avant plusieurs heures. Le passage au bureau de l’immigration fut rapide et sans problème, j’avais un visa en règle qui était d’ailleurs inutile puisque tous les ressortissants européens en sont exemptés depuis le mois de juin 2014.
Arrivé dans le hall de l’aéroport, j’ai retiré quelques tugrits afin de payer un taxi pour m’emmener chez mon hôtesse. Un chauffeur de taxi d’une soixantaine d’années et aux yeux très clairs m’a alpagué et ne m’a plus lâché d’une semelle jusqu’à ce que je monte dans sa voiture. Comme il ne parlait pas anglais, c’est un autre chauffeur, jeune et anglophone qui a négocié le prix pour moi. Les routes étaient ce jour-là très peu fréquentée. Il était bizarre de croiser des voitures aux volants indifféremment à gauche ou à droite en fonction de la provenance du véhicule.

Ayant l’adresse détaillée de Meg, mon chauffeur fut plein de bonne volonté, mais impossible de s’y retrouver au milieu des blocs d’habitations soviétiques. Après une demi-heure, je laissais mon taxi partir et décidais de me débrouiller seul, sous la pluie, sans plus de succès. Je suis alors entré dans le State Department Store, le centre commercial central d’Oulan Bator (ou Ulaanbaatar, dit aussi UB) afin de me connecter à Internet pour reprendre contact avec Meg. La vendeuse d’une bijouterie m’a gentiment aidée. J’avais un message de Meg me donnant le numéro de téléphone de Jemma (une australienne), sa collègue de bureau. Je l’ai appelée et elle m’a retrouvé dans la rue pour m’amener au bureau de Meg, ou une petite chambre tranquille m’attendait. Meg ne pouvait être disponible car sa famille lui rendait une visite imprévue. Jemma s’est donc chargée de me familiariser avec les lieux, avant d’aller faire quelques courses et de finir dans un pub de la ville où les expatriés anglophones ont l’habitude de se retrouver, pour déguster le « sunday roast », viande rôtie accompagnée de légumes et d’une sauce à la menthe. Autour de cet excellent repas Jemma m’a dressé la liste de tous les lieux à visiter dans la capitale pour les jours suivants. Je regagnais alors mon nouveau chez moi, prêt à explorer ce pays qui me faisait tant rêver.